Drive : L’œuvre folle couverte de cambouis

 

 

 

« Vous me donnez une heure et un lieu. Je vous donne un créneau de 5 minutes. Pendant ces 5 minutes, je ne vous lâche pas.Quoi qu’il arrive, je n’interviens pas dans le braquage. Je ne porte pas d’arme. Je conduis. »

[The Driver]

 

Dans une atmosphère crépusculaire et noyée dans les méandres de Los Angeles, Drive est un véritable conte urbain électrique. Primé par le Festival de Canne pour sa mise en scène, le réalisateur Nicolas Winding Ref, signe un authentique  chef d’œuvre en réalisant l’exploit de fondre une histoire d’amour délicate à la violence du chaos urbain. Joliment émouvant et diaboliquement virulent, un thriller magistral somptueusement mené par Ryan Gosling.

Une atmosphère saccadée, une ambiance irréelle :

Empreint d’une douce mélancolie sublimée par le jeu des silences et des ralentis lorsque se noue le drame intime entre le « Driver » et Irène la jeune mère « célibataire », le film nous transporte subitement et sans crier garde à des scènes de violences extrêmes qui portent le spectateur continuellement en haleine, presque dans l’attente d’un nouveau sursaut. La police des intitulés, le choix du manteau doré au scorpion brodé ainsi que la tonalité de la musique donnent au film une qualité intemporelle et presque irréelle. Le spectateur se laissera agréablement envouter par  une mise en scène aussi surprenante que brillante.

Une esthétique intelligente :

 

Les jeux de lumières sont savants : plongée dans une nuit sans fin, le spectateur peut admirer toutes les nuances d’un crépuscule désiré en une palette de noir bleuté et de néons rosés. La beauté se décline également dans les scènes de violence avec des projections de sang  qui cristallisent la rage et l’impétuosité du « Driver » plongé dans un drame inévitable et asservis par une fatalité prenante.


Un film qui Vrombit :

Loin des stéréotypes hollywoodiens mêlant vapeur d’essence et testostérone, Drive revisite le genre du film d’action sur-vitaminé dans le monde de l’automobile et s’impose en maitre novateur avec son ambiance laconique et doucement mélancolique. Cascadeur le jour et chauffeur pour truand la nuit, le héros taciturne au verbe rare quitte sa torpeur et sème la terreur afin de protéger sa dulcinée. Les courses poursuites sont savamment menées, le frein à main tiré, un pilotage propre et sans éclaboussure accentué par le visage du « Driver » concentré, presque serein qui atteint alors  une dimension de surdoué du volant mettant en exergue le commentaire fait par son mécanicien : « Avec un volant entre les mains, ce gamin peut tout faire ». Si le « Driver » peut s’avérer touchant par sa sensibilité devinée aux abords de sa voisine dont il est épris, son mutisme et le fait qu’il ne possède pas de prénom le ramène inlassablement à sa fonction de chauffeur, dénaturant quelque peu son rôle d’homme et valorisant le pilote qu’il représente. Ce film entaché de cambouis et de sang entretient une image réfléchis du monde de l’automobile et lui livre même une dimension poétique.

Drive

 

Une œuvre délicate et mélancolique qui parvint à fondre une romance idéalisée à la violence et à la haine urbaine, accompagnée  d’une bande son atypique et  exprimant toute en subtilité une violence  et une vitesse sublimée : a voir et à Revoir.

 

Ghost Rider: Retour sur les Origines d’un Héros Sombre

« La pluie enveloppant la ville de cette sinistre couverture humide, une pluie qui s’abat sur le crâne d’un homme autrefois normal, une pluie mêlée à la sombre solitude de la nuit, comme remède contre ce message incessant qui lui crie : « Tu es désormais le Ghost Rider ».

[Gary Friedrich ; Ghost Rider le Commencement.]

Johnny Blaze le jour : cascadeur sensationnel épris de la douce Roxane, il se métamorphose quand vient la nuit en Rider terrible : chevauchant sa bécane aux nez des forces de police et des radars automatiques, bravant les envoyés du diable venus voler son âme pour l‘éternité.

Si le personnage incongru vient tacher de son emprunte lugubre les bandes dessinées : MarvelSpotlight en 1972, date de sa première publication, il naquît bien avant dans l’esprit de ses créateurs et hanta de nombreuses années ses pères fondateurs allant jusqu’à s’immiscer de manière furtive ou embryonnaire dans d’autres comics sous la peau malfaisante d’un ennemi. La raison d’un tel camouflage? La bête noire des créatifs : la Censure. Ce personnage non conforme aux règles de bienséance par bien des aspects, reste un « Héros » bien que sombre et tourmenté qui exprime de part sa nature double toute la dualité de l’Homme. Sans cesse écartelé entre ses préceptes et son essence démoniaque, il est  acteur de la violence urbaine par ses combats avec les forces du mal qui peuvent prendre l’apparence humaine. Ghost Rider répand la terreur certes, mais dans les âmes perverties. Ainsi la morale sauve, les créateurs du mythe ne se privent pas de lui prêter des actes barbares bien qu’effectués sous le joug de la justice. Constamment harcelé par les forces du mal et le Malin lui-même qui lui rend visite à chacune des ses péripéties, cet énigmatique cavalier sortis tout droit des ténèbres se retrouve bien souvent  devant des choix Cornéliens : en témoigne l’épisode Hordes de L’Enfer, ou pour sauver Roxanne, il doit tuer une âme pervertie qui n’est autre que le père de sa belle revenus d’entre les morts.

Une Œuvre aux couleurs de l’Enfer :

Si son aspect physique témoigne de sa nature hybride, ce motard de l’Enfer,  fait d’os et de cuir, possède le pouvoir de diriger les flammes à sa convenance, qui trônent d’ailleurs,  comme pour rappeler ce don maléfique, sur le pourtour de son crâne. Conscient du pouvoir visuel que possède un tel personnage, les créatifs n’ont pas lésinés sur la chromatique afin d’obtenir pour une bande dessinée un aspect hors du commun et visuellement impressionnant.

Ainsi, après une simple prévisualisation de l’œuvre, toutes les déclinaisons rougeâtres et brunâtres (teintes funestes) sautent aux regards du  lecteur qui ne peut s’empêcher de visualiser, du fait, le sang des ennemis du Rider portés à ébullition sous le joug du protagoniste qui crache sa colère par faisceau de flamme, ainsi que la peau des malheureux (bien souvent des âmes humaines corrompus par le Malin) embrasés et bientôt brunis par les flammes qui lèchent sa proie. Mais l’horreur se prolonge également dans l’utilisation presque abusive des couleurs obscures lorsque dans le corps du pauvre Johnny Blaze s’immisce  Zarathos, le démon insufflé par Mephisto (une des incarnations du diable directement inspirée de l’œuvre de Goethe), afin de rappeler au lecteur l’emprise du mal dont souffre cette âme brulante et l’empreinte diabolique qui l’habite et le poursuit jusqu’au fin fond de ses nuits.

La Matérialisation du personnage Fantasmagorique :

Mythique et emblématique, cet enfant terrible de cuir vêtu, chevauchant sa bécane aux nez des forces de polices et ne répondant à aucunes règles si ce ne sont les siennes à acquis une popularité intemporelle lui permettant de déchirer la sphère étriquée du papier glacé afin de se matérialiser sur le grand écran. Sorti des bibliothèques en trombe, ce cascadeur invincible de part sa malédiction se permet le grand plongeon au cœur même de l’impitoyable univers cinématographique en 2007 sous les traits de Nicolas Cage. Si l’adaptation dégage un excédent financier important (44,5 millions de dollars des le premier week end en salle), ils restent pourtant dans les mémoires un « raté » d’Hollywood, et les critiques restent pour la plupart négative. Le New York Times Magazine  déplore un Ghost Rider « amusant plus qu’effrayant ». Souffrant donc des mêmes tares que son précédent en Bande dessinée, cette œuvre destinée à un public vaste ne saisit pas tout le potentiel qu’offre le projet car réduit à un film familial et soumit donc, à la censure bienveillante. Pourtant l’expérience sera retentée (en salle le 17 février), toujours sous le même visage mais revisité cette fois par  Mark Neveldine et Brian Taylor qui promettent de gratter sous le vernis du politiquement correct afin de revenir à l’essence même du personnage ténébreux et dérangeant. Les deux réalisateurs catalogués de « Hooligan du cinéma » par le tout Hollywood parle d’un film « Bien Hard ». Sans remettre en doute les propos tenus et la qualité du film, il en va de préciser qu’une fois encore, ce dernier sera interdit simplement au moins de 13 ans, de quoi faire mentir l’idée de reprise du genre…

 

 

 

Un nouveau radar sur nos routes

Aux abords des routes, des voies ferrées ainsi que des aéroports, un nouveau type de radars a fait son apparition : le radar humain. Même les policiers s’y font prendre!!!